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La gestion des thermes de Luchon

RÉUSSIR LUCHON EnSEMBLE

Les thermes de Bagnères-de-Luchon sont une régie communale qui, depuis 2007, dispose d’une autonomie financière. Cette dernière a été motivée par la volonté de mieux distinguer les gestions des entités économiques que sont d’une part, la commune, et d’autre part les thermes.

Cette autonomie de gestion, bien qu’acquise dans les statuts de la régie, reste cependant fictive pour de nombreuses raisons.

Le conseil d’exploitation des thermes est identique au conseil municipal de la commune, et dans les faits, valide ce qui a été décidé préalablement en conseil municipal. De plus, le rapport souligne que les pouvoirs d’administrations du directeur sont limités puisqu’il ne dispose d’aucune délégation de signature.

La régie des thermes verse annuellement une redevance à la commune au titre de l’usage de l’eau thermale et des prestations assurées par cette dernière. Cependant, durant des années, cette redevance était forfaitaire et aucune modalité de calcul n’était explicitée. La redevance ainsi versée, nettement supérieure aux coûts réels supportés par la commune, a conduit à ce que l’excédent généré par les thermes finance le budget principal de la commune. Cette position est confirmée par le maire qui indique que le montant de la redevance est fonction de l’excédent dégagé annuellement par l’établissement thermal et récupérable par la mairie.

Par ailleurs, des manquements sont relevés dans la gestion des ressources humaines (absence de contrat de travail, contrats de travail non appropriés…) et démontre une méconnaissance des modalités de fonctionnement d’une telle régie. Cette méconnaissance est d’autant plus grave qu’elle touche également la gestion comptable et financière de l’établissement thermal.

En effet, les normes comptables appliquées ne sont pas adaptées au statut actuel des thermes, ce qui conduit à la présentation d’une comptabilité erronée. L’omission partielle ou totale d’écritures comptables fondamentales (amortissement des actifs…) amène la Chambre régionale des comptes à conclure que la régie des thermes fausse son état de l’actif, allège artificiellement ses charges, et ampute sa faculté d’entretenir ou de renouveler ses biens immobiliers.

Le plus alarmant, voir grotesque, est que le reversement de l’excédent de la régie au budget de la commune est récurrent. Or ce prélèvement est opéré alors même que les charges dans les comptes de la régie des thermes sont sous évaluées, privant ainsi l’établissement de sa trésorerie afin de pouvoir gérer son parc immobilier. Cette situation a conduit les thermes « à recourir à un emprunt dans des proportions excessives ».

Le rapport précise « […] qu’aujourd’hui le centre thermal est dans une situation délicate. Les thermes ne disposent plus de marge de manœuvre pour financer non seulement d’éventuels investissements à venir mais également leurs simples dépenses de renouvellement d’équipements et sont contraints de recourir à l’emprunt pour honorer leurs dettes d’exploitation à l’égard de la commune ».

L’activité des thermes

Le rapport souligne qu’entre 2011 et 2016, la fréquentation des thermes de Bagnères de Luchon a diminué de 10,3 %, loin du dynamisme enregistré au niveau national (+14%).

Cette baisse s’explique notamment par l’insatisfaction de la clientèle relative au confort et à la propreté des locaux ou encore l’organisation et la qualité des soins. Cependant, faute de moyen financier pour palier à cette insatisfaction, il semble qu’afin d’enrayer la chute de la fréquentation, ont été développés de nouvelles cures non conventionnées, qui sans surprise n’ont pas rencontrées le succès escompté. La Chambre régionale des comptes indique qu’il aurait fallu aller au terme de la démarche consistant à mettre en œuvre des partenariats afin de développer des programmes agréés comme cela a pu être le cas pour d’autres stations thermales. Il est important de souligner qu’en 2016, les cures conventionnées représentent 96 % du chiffre d’affaires total des thermes.

La stratégie de développement

Le maire indique que si l’activité thermale représente un pilier important de l’activité communale, la politique de développement touristique de la commune doit cultiver une image spécifique, propre à conférer à Bagnères de Luchon un rayonnement national voire international.

Cependant, la commune n’a pas formalisé de stratégie de développement du thermalisme. Elle a seulement pu justifier auprès de la Chambre régionale des comptes d’une réflexion sur la question au travers de la commission « thermalisme et santé » créée en 2014.

Par ailleurs, le rapport précise que la politique touristique de la commune repose essentiellement sur une stratégie événementielle, déconnectée de la stratégie de développement du thermalisme. Cette déconnexion est assumée par le maire qui, faisant le constat du déclin de l’activité thermale sur la commune, souhaite mettre en œuvre des relais de croissance touristiques autour du film et du cyclisme.

Conclusion : 

Dans sa conclusion intermédiaire sur le sujet du thermalisme, la Chambre régionale des comptes souligne que la situation décrite précédemment a entravé le développement de l’établissement thermal et contribué au déclin de fréquentation constaté jusqu’en 2016.

L’exploitation de I’eau minérale : d’importants coûts d’investissement à venir

Le dispositif contractuel qui lie la commune à la société ITM (et depuis par substitution à la société des eaux minérales de Luchon – SEML) appelle de la part de la chambre les observations suivantes :

  • les clauses contractuelles conduisent la commune à être dépendante, pour la perception des recettes de commercialisation de cette eau, du fonctionnement de la SEML, laquelle ne s’engage dans les faits sur aucun montant de redevance minimum, n’apporte aucune garantie ‘exploitation” et fait de facto peser l’intégralité du risque d’exploitation sur la commune ;
  • le financement par la commune de la canalisation reliant la source à l’usine d’embouteillage semble difficilement justifiable dès lors que cette canalisation a été construite pour les seuls besoins d’exploitation de la SEML ;
  • le fait que la durée du contrat soit particulièrement longue (99 ans, renouvelable tacitement), ne semble justifié par aucune contrainte d’investissement. En se privant de la faculté de remettre en concurrence l’exploitation de la source LAPADE, la commune n’est pas assurée d’obtenir un prix optimisé ;
  • le fait que la commune ait accepté de prendre à sa charge non seulement la moitié des pertes découlant de la destruction d’un stock d’eau contaminé (130 k€ pour la première occurrence), mais également la moitié des coûts de reconnaissance et de forage pour la mise en service d’un nouveau captage grève les gains financiers tirés de la commercialisation de l’eau.

Les récentes évolutions de la relation contractuelle entre la commune et la SEML contribuent toutefois au rééquilibrage du contrat.

Les animations touristiques

Si les animations à destination des curistes demeurent marginales, il n’existe pas de stratégie globale en lien avec l’office de tourisme afin de promouvoir les centres d’intérêts et les animations proposées dans le bassin luchonnais. Les animations et loisirs proposés à Bagnères-de-Luchon ressortent comme un des points les plus négatifs dans les enquêtes de satisfaction réalisées auprès des curistes, puisque 26 % des curistes s’estiment peu ou pas satisfaits du niveau des prestations d’animation, loisirs et commerces disponibles à Bagnères-de-Luchon.

L’essentiel des efforts d’animation de la commune porte sur trois évènements ponctuels, mais dont ne bénéficient pas ou peu les curistes : la fête des fleurs (quatre jours fin août), le Tour de France (deux jours une fois tous les deux ans) et le festival du film télévisuel de Luchon (en février donc hors saison thermale).

La politique touristique de la commune repose essentiellement sur une stratégie événementielle, déconnectée de la stratégie de développement du thermalisme. Cette déconnection est assumée par l’ordonnateur qui, faisant le constat du déclin de l’activité thermale sur la commune, souhaite mettre en œuvre des relais de croissance touristiques autour du film et du cyclisme.

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